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Les digues de Livron
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La géographie

Livron est entourée par trois cours d’eau qui provoquent des inondations de plus en plus fréquentes :

- au nord de Livron, l’Ozon, petite rivière qui délimite la commune avec Etoile : ce cours d’eau n’a pas été nettoyée efficacement depuis des années. Les dépôts de graviers et l'imperméabilisation des sols due à l’urbanisation en amont, sur la commune d’Etoile, créent une augmentation importante du débit de l’Ozon, ce qui génère des débordements d’eau de plus en plus fréquents sur le territoire de Livron.

- à l’ouest, le Rhône, fleuve qui borde Livron sur une dizaine de kilomètres,  peut aussi provoquer des inondations, notamment à Printegarde.

- au sud, la Drôme, fleuve bordant Livron, représente lui aussi un risque d’inondations si une brèche se forme dans une digue.

 

L'histoire

Livron a été fondée sur la colline pour sa protection contre les envahisseurs, les ennemis, les seigneurs voisins, et, aussi, contre les inondations de la vallée. La Drôme divaguait alors, jusqu’au nord de Livron. Le Rhône s’étalait avec des tresses pour former des lônes (eau stagnante de peu d’étendue et sans profondeur en communication périodique ou permanente avec une rivière), dont certaines demeurent.

L’Ozon, qui peut se révéler « furieux » comme en 2008, est souvent cité pendant la période du Moyen Âge. À cette époque, Livron est peu étendue, sa population commence à augmenter lorsque des industries s’installent le long des canaux, l’habitat se développe dans la plaine : pour se protéger, la population commence à ériger des digues de terre puis de pierre. Ceux qui contribuaient à la construction recevaient des lopins de terre. Ces digues de pierre, très efficaces, existent encore.

Dès le XVIIIe siècle, et principalement au XIXe, les hommes ont essayé de se prémunir de la montée des eaux en créant des digues. Ces protections leurs permettaient d’acquérir des terres de culture, souvent très fertiles, constituées de dépôts de limon successifs.

Ces digues ont souvent été réparées : ce fut le cas après les bombardements de la guerre de 1939-1945 et après les inondations importantes qui ont eu lieu régulièrement depuis plus d’un siècle.

 

Les digues

Techniquement, on parle de digue. En fait, ce sont des berges de terre qui peuvent se rompre sous la pression de l’eau.

L’Ozon

En 2008, suite à de forts orages, la digue s’est rompu. L’Ozon est descendu jusqu’à Fiancey, traversant la départementale formant « un lac » au niveau du terrain sis au Nord Est de la ZAC de Fiancey.

 

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Ci-dessus : en 2008, la digue rompue

Pour pallier ces inondation récurrentes, la municipalité négocie dans le cadre du Syndicat mixte Barberole Veore (SMBV) qui regroupe les communes riveraines et dans le respect de la loi sur l’eau. En 2011, le SMBV prévoit une mise en état du tronçon de l’Ozon, jusqu’au ponts SNCF et AFS.

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Ci-dessus : l’Ozon a envahi toute la zone Nord Est de Fiancey

 

Le Rhône

A l’ouest de la commune, la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) assure l’entretien du Rhône jusqu’en 2023. Dans les années 60, elle érige les digues que nous connaissons aujourd’hui. Depuis ces travaux, la commune n’a pas connu d’inondations. Mais, depuis les années 90 (en 1993, 1994, 2002, 2003), de graves inondations se sont produites, inondant Printegarde, semant la désolation pour les habitations et les vergers. Ces inondations marquèrent la mémoire des familles sinistrées. Des repères de crue sont alors gravés sur les murs des maisons. Citons la maison Duglou où sont inscrites toutes les crues depuis 1856.

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Ci-dessus, la digue construite sur le Rhône par la Compagnie nationale du Rhône

 

Pourquoi, malgré un débit plus faible, les crues ont, aujourd’hui, des hauteurs supérieures à la crue de référence de 1856 ? Selon l’Association des Riverains du Rhône, une des explications réside dans le rehaussement du lit mineur de près d’un mètre. Autre cause avancée, le chenal du fleuve est devenu chaque année plus étroit à cause d’un manque d’entretien régulier des deux berges du fleuve.

Selon le ministère de l’Ecologie, « le dragage des sédiments du Rhône n’est pas envisageable (ils contiennent des PCB - PolyChloroBiphényles, et PCT ou PolyChloroTerphényles sont des dérivés chimiques chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes). Le traitement des sédiments « est difficilement envisageable à grande échelle pour des raisons environnementales, techniques, et financières ».

Une dernière solution est de rehausser des digues sur une hauteur d’au moins un mètre. Le coût d’une telle opération n’est pas évalué.

 

La Drôme

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Ci-dessus : été 2009, le seuil de la Drôme, dit seuil CNR, à l’intersection de la passe à poissons

 

La Drôme est située au sud de Livron. Venant de l’Est, des montagnes du Vercors et du Diois, c’est une rivière de type méditerranéen, avec des débits irréguliers, imprévisibles.

 

Il y a quelques milliers d’années, elle avait un parcours changeant, sous forme de tresses. Pour mieux la dominer et sécuriser la population, des digues furent créées. Principalement au XIXe siècle et dans les années 60 par la CNR jusqu’au seuil de la passe à poissons.

 

Dans le cadre du PERI (Plan d’exposition aux risques d’inondation), les aléas de la Drôme avec effacement des digues a été étudié. La carte ci-dessous présente en rouge les zones fortement impactées et en jaune les zones où les inondations seraient moins fortes.

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Cette étude a été présenté par les services de l’Etat, en 2007, à la population livronnaise. Elle révèle toutes les zones inconstructibles (en rouge) et les zones restrictives (en jaune)

 

Les inondations ont endommagé certaines d’entre-elles, notamment celles de Bompart et Palère (voir croquis). Les extractions excessives de graviers par des carriers ont provoqué l’abaissement du niveau du lit, créant des incisions, abîmant les ouvrages (ponts et digues) à leur base et fragilisant les ouvrages en cas de crue. Pour mettre fin à ces graves conséquences, les extractions ont été stoppées dans les années 90.

 

Concernant la digue de Palère, des dépôts importants se sont formés face à la digue. Résultat : le courant détourné vient heurter et accentuer l’incision de la base de la digue de Palère, sur une longueur de 840 mètres.

 

La digue de Bompart, elle, a été réparée (à la suite de l’inondation de 2003) car elle menaçait la sécurité des lotissements situés à proximité. Seule, une petite partie (50 mètres) est encore en mauvais état. Avec sa réparation prochaine, elle fera la jonction avec la digue de Palère.

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Ci-dessus : la digue de Palère

Les lois sur l’eau et le PAPI (Programme d’actions de prévention des inondations) préconisent le recul de 150 m de la digue de Palère. Une solution qui paraît difficile à mettre en œuvre, pour les raisons suivantes :

- c’est le passage de la future déviation sur cette zone, parallèlement à l’autoroute.

- c'est le périmètre de sécurité du 2e point de captage d’eau de Domazane

 


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Juillet / août / septembre 2010
n°42

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